La tension est montée d’un cran dans la nuit d’hier au commissariat de Mendong, à Yaoundé. Un jeune conducteur de moto, interpellé après avoir refusé de verser une somme de 5 000 FCFA aux policiers, a été placé en garde à vue.
Yaoundé – Mendong, 14 novembre 2025.
Informés de la situation, ses collègues conducteurs de moto se sont rapidement mobilisés. Ce matin, ils ont pris d’assaut le commissariat, exigeant la libération immédiate du jeune homme. Face à la foule grandissante, le commissaire a menacé de déférer le conducteur au parquet, avant de solliciter des renforts.
En réaction, les conducteurs de moto ont lancé un appel à leurs pairs à travers la ville de Yaoundé pour converger vers Mendong. La confrontation s’est transformée en véritable bras de fer, révélant une fois de plus les tensions récurrentes entre les forces de l’ordre et les acteurs du transport urbain informel.
Contexte
conducteurs de moto, souvent appelés benskineurs, constituent une part essentielle du transport urbain à Yaoundé.
- Les relations avec les forces de l’ordre sont régulièrement marquées par des accusations de harcèlement, de corruption et d’arrestations arbitraires.
- L’affaire de Mendong illustre la fragilité du dialogue entre les autorités et ce secteur informel, mais vital pour la mobilité des populations.
🎤 Témoignages attendus
Des voix s’élèvent déjà pour dénoncer une tentative d’intimidation et réclamer plus de transparence dans les pratiques policières. Les habitants du quartier, témoins de la mobilisation, redoutent une escalade si aucun compromis n’est trouvé rapidement.
📝 De l'huile sur le feu
Ce nouvel épisode de brutalités policières ne survient pas dans un vide politique. Il s’inscrit dans un climat déjà tendu marqué par la contestation post-électorale qui secoue Yaoundé et plusieurs autres villes du pays. L’arrestation du jeune conducteur de moto et la mobilisation de ses collègues viennent ainsi nourrir un ressentiment populaire contre les forces de l’ordre, accusées de répression et de corruption.
En liant directement les frustrations quotidiennes des acteurs du transport urbain aux revendications politiques plus larges, cette affaire risque d’envenimer davantage la situation. Le bras de fer de Mendong pourrait devenir un catalyseur, transformant une protestation sectorielle en symbole d’une colère généralisée face aux institutions, avec le risque d’une escalade difficile à contenir.

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